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TECHNION

22 octobre 2014

Visite au Technion

22/10/14 (9h20 - 11h30)

Route du Mont Carmel près de Haifa, montée à travers la pinède du campus universitaire, le bus s'arrête devant l'entrée d'un petit bâtiment. L'endroit est paisible et fleuri. Accueil chaleureux, très professionnel aussi : la responsable, d'origine française, nous conduit de l'autre côté du hall, vers une salle de réunion circulaire où tout a été préparé pour nous recevoir. L'écran de présentation nous souhaite la bienvenue, en français. Nulle part ailleurs, nous n'avons senti un tel souci du détail et de notre bien être, une telle précision. Nous sommes au Technion.

1/ Histoire et développement du Technion

C’est le Professeur Shapiro, en charge des Relations publiques de l’Université qui retrace pour nous l’histoire déjà centenaire de cette institution. De son origine new-yorkaise, Danny Shapiro a gardé un style vif et enjoué. Après quelques mots de français, la présentation se déroule en anglais, dans un débit clair et rapide. L’enthousiasme des pionniers est palpable, il nous le transmet comme il l’a reçu à son arrivée dans les années 80.

Construire les infrastructures du pays, voilà la mission qui fut confiée au Technion par ses fondateurs dès 1912. A l’époque, seulement quelques ingénieurs avec quelques étudiants qui avaient fui l’Europe, installés dans un simple bâtiment à Jérusalem, et qui reçurent le soutien du mouvement sioniste et d’Einstein lui-même. Les problèmes furent innombrables, l’environnement à la fois inhospitalier et hostile. Ils trouvèrent ici les multiples solutions techniques nécessaires.

A partir de la création de l’Etat d’Israël en 1948, Ben Gourion estime que le pays doit développer ses propres capacités aéronautiques (avec le soutien de la France jusqu’en 1967, puis tout seul). Il élargit alors la mission du Technion au soutien de l’effort de défense du pays. Sur cet axe, le début de la microélectronique ouvre encore la voie à de nouvelles filières.

Enfin, ce qui est aujourd’hui le plus grand centre universitaire technique du pays (70% de ses cadres techniques dans toutes les disciplines en sont issus), est aussi devenu, en s’inspirant du modèle américain (Stanford / MIT), l’un des principaux centres mondiaux pour l’incubation et le développement de start-up technologiques. C’est le focus actuel du Technion qui fera l’objet d’une présentation séparée.

Le Professeur Shapiro évoque alors les évènements récents qui font la fierté du Technion, et participent à son rayonnement  international.

Tout d’abord, l’obtention récente de deux prix Nobel de chimie, par des enseignants-chercheurs du Technion et leurs équipes, consacre l’excellence scientifique qui a été atteinte ici. Des récompenses prestigieuses qui ont encore contribué à entretenir une dynamique particulièrement excitante pour les 14.000 étudiants qui forment la communauté actuelle du Technion.

Ensuite, ce sont les accords qui ont pu être passé au plus haut niveau, aux Etats-Unis et en Chine. Une joint-venture a été créée avec l’Université Cornell, comportant un important programme d’échanges. Et dernièrement, c’est un accord avec la Fondation Li Ka Shing, célèbre milliardaire chinois, pour la création d’une implantation nouvelle à Canton. Le Technion assoit désormais sa dimension internationale.

2/ Technion au cœur de la ‘Startup Nation’

Dans un contexte général d’accélération technologique, où en un siècle, l’âge du Technion, autant de progrès ont été réalisés qu’en 20.000 ans d’histoire, l’innovation est plus que jamais critique. C’est la voie dans laquelle s’est engagée résolument Israël, et le Technion est un des piliers du nouvel écosystème nécessaire à la naissance de l’innovation, puis à son développement.

L’Université participe activement à l’accompagnement des entreprises ‘start-up’ au sein même du campus : c’est le rôle du Bronica Center for Entrepreneurship (BEC), point de contact pour tous les entrepreneurs débutants ou confirmés, à toutes les étapes du lancement de leurs projets.

Son directeur, M. Shai Haim, nous fait une présentation générale de la situation, et renvoie à l’ouvrage récemment publié ‘Startup Nation’ pour approfondir la question.

Depuis les années 90, la croissance israélienne est tirée par le secteur High-Tec. Dans tout le pays, ce sont 24 incubateurs reliés aux quatre principaux pôles universitaires, et  environ 2000 entreprises qui forment avec 80 fonds d’investissement actifs dans ce domaine, un véritable «éco-système » complet. Et les résultats sont impressionnants : au sommet de la vague, ce sont plus de 70 sociétés technologiques d’origine israélienne qui on réussi leur entrée au Nasdaq.

A la base de ce succès, Israël fournit un effort de recherche et développement nettement supérieur, en proportion, à la plupart des pays de l’OCDE. Les dépôts de brevets sont systématiquement encouragés. Cet effort de tout l’écosystème est lui-même favorisé par certaines caractéristiques propres à la société israélienne, moins hiérarchisée, en prise directe sur la notion de risque qui reste à la base de toute entreprise, et où les qualités d’adaptabilité et de résilience sont mises en avant.

Les recettes sont connues et s’énoncent dans des préceptes simples, du type « first do, then ask ! ». Et l’échec lui-même est valorisé en « gained experience » reconnue par les investisseurs…

C’est ainsi que l’entrepreneur lui-même est perçu comme le « nouveau héros », que la création de start up est devenu un véritable sport national, avec environ 500 créations par an.

Au cœur de ce « flow », le Technion apporte une contribution majeure au secteur High Tec israélien. Les exemples sont nombreux, qui vont d’un détecteur d’odeurs pour le diagnostic du cancer, à l’appareillage des paralytiques, sans oublier le célèbre « Iron Dome », dont le programme est dirigé par une ingénieure du Technion.

Plus loin, on notera que les taux de succès de ces entreprises sont exceptionnels, de l’ordre de 90 %. Un résultat impressionnant qui est obtenu notamment par la mise en place d’un programme BIZTEAM visant à éveiller et développer  les aptitudes entrepreneuriales des candidats, mais aussi à favoriser les conditions de la réussite de leurs projets : transferts de technologie et amorçage.

Concrètement, ce sont des cycles de coaching entrepreneurial de 4 mois qui sont proposés aux étudiants, avec un triple objectif d’éveil, d’expérimentation et de connexion avec l’écosystème High Tec. Rien d’obligatoire, mais tous les étudiants qui le désirent ont la faculté de choisir une mineure ‘Entrepreneuship’ dans leurs différents parcours d’études. Ceux qui désirent approfondir cette voie auront aussi la faculté de compléter leur formation technique par un MBA d’un an : ils seront alors impliqués dans de vrais projets

Mais cette connexion systématique avec l’écosystème High Tec ne s’arrête pas à la porte des salles de cours. Un « e-club » organise des réunions deux fois par semaine pour ceux qui recherchent des projets ou des partenaires.  Et pour les anciens élèves, Technion for Life (TFL) anime un réseau très actif ménageant tous les accès au cœur de l’Université de son réseau.

Au total, c’est tout un système de support qui fonctionne en permanence au service de la création d’entreprise.

Un programme particulier mérite encore d’être cité, spécialement important dans la vie du campus.

3/ Le concours BIZTEC présenté par Itai Orr, étudiant à la Faculté de Physique et responsable du programme

Il s’agit, dans l’axe stratégique du Technion, d’un programme dédié à l’entrepreneuriat. Il est basé sur une compétition ouverte à tous les étudiants pour concourir à l’attribution d’un prix de 50.000 $. Mais la vraie récompense est bien sûr la mise à disposition de tous les outils pour mette en œuvre le projet.

L’accès est très simple puisqu’il s’agit simplement de présenter une équipe, le marché-cible et une description technique. Tous types de projets à base technologique sont admis, et la sélection est très variée, en privilégiant toujours, conformément à la spécificité du Technion, les possibilités d’industrialisation ou les applications industrielles. Avec le recul, une bonne approche pour déterminer un bon projet consiste à identifier un problème dans l’industrie et à y trouver une réponse innovante. La boucle est ainsi bouclée.

Le programme démarre par l’enregistrement de toutes les candidatures et se termine par un grand évènement annuel ou 8 à 10 équipes sont sélectionnées par un jury. Au final, un gagnant est désigné. L’an dernier, par exemple, c’est un projet de ‘réalité augmentée’ dans le secteur biomédical qui l’a emporté.

Mais, quelque soit le résultat final, l’ensemble des lauréats ont gagné en maturité et en visibilité : ils ont tous accès aux fonds d’amorçage, et la vraie histoire peut commencer pour eux.

4/ Visite du campus

Nous terminons la visite par un rapide parcours sur le campus, traversant la pinède puis une large esplanade où des étudiants sont affairés à installer un impressionnant ‘sound system’ : il est clair qu’il fait aussi bon vivre au Technion, et que tant d’efforts méritent le réconfort !

Nous entrons maintenant dans le bâtiment du département d’informatique. A l’entrée de l’amphithéatre, toutes les majors companies, notamment américaines, qui soutiennent  le Technion ont leur logo : un petit air de Silicon Valley.

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