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Manière de voir Israël "Penser globalement, agir localement"

20 octobre 2014

MANIERE DE VOIR ISRAËL «PENSER GLOBALEMENT, AGIR LOCALEMENT»

Introduction

Penser globalement, agir localement, cette formule employée par René DUBOS lors du premier sommet sur l'environnement en 1972, résume l'esprit de développement durable inscrit dans la stratégie nationale du pays, qui se décline de manière opérationnelle dans les pôles de compétences tels que l’Israel Green Building Council (ILGBC), l’institut de standardisation (The Standards Institution of Israel) ou Alpha Projects, diffusant ainsi les concepts et pratiques du consommer moins pour produire plus. 

Au-delà des concepts, et pour être plus précis il s’agit là au travers de projets réalisés tels que « Tour of the Porter School of Environmental Studies building », «The Solar Decatlon and more» ou encore «Broshim, Green housing on Campus» : de bâtiments à énergie positive, voir même de constructions passives dont l’activité seule suffit à compenser les dépenses énergétiques, en d’autres termes, une construction à laquelle on aurait adjoint toute une série de dispositifs intelligents, visant à produire de l’énergie, mais aussi à réduire encore la consommation énergétique.

Le «pragmatisme» coïncide très bien avec la manière d'agir des équipes de l'ILGBC 

Ce pragmatisme dans la recherche se transforme souvent en applications concrètes. Plutôt que de chercher un Nobel, les chercheurs ont créé un véhicule d’accélération du transfert technologique :  «Alpha Projects», entreprise commercialisant leurs trouvailles, articulées autour des joint-ventures Green Building Council (ILGBC) et l’institut de standardisation (The Standards Institution of Israel), véritables interfaces entre les laboratoires de recherche publique et le monde industriel, offrant ainsi à la jeune génération en devenir, un enseignement qui combine la recherche fondamentale et science appliquée. Ils changent ainsi le paradigme de la mère juive « hier le mot d’ordre était : termine tes études de médecine. Aujourd’hui, c’est : deviens entrepreneur" ! 

Ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient…

Il n’est nullement utile de rappeler ici les enjeux environnementaux, de la gestion des ressources et des impacts physiques, biologiques, culturels ainsi que géopolitiques, que peuvent représenter les conditions environnementales dans les destins sociaux.

Pour répondre à ces enjeux, le gouvernement dans sa résolution 2508, en date du 28 Novembre 2010, se dote d’un plan national pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre en Israël, en vue de parvenir à une réduction de 20% du total des émissions prévues en 2020.Ce plan abondé de près de 3 milliards de shekels, soit près de 640 millions d’euros, sur la période 2011-2020, se traduit dans les textes législatifs en obligations de résultat pour les parties prenantes (Ministères National des Infrastructures, de la Protection de l’Environnement, de la Construction et du Logement, du Transport et de la Sécurité Routière,  Industrie Commerce et du Travail…), la préoccupation environnementale apparaît alors comme une question d’équité et de réduction des inégalités sociales. En moins de trois ans les équipes de l’ ILGBC vont passer de l’intention politique au développement d’un modèle d’économie circulaire, dont le code source se trouve en partie gravé,  dans les standards de certification IS 5281 :

  • SI 5281 - Sustainable Buildings: Part 1 General Requirements
  • SI 5281 - Sustainable Buildings: Part 2 - Requirements for residential buildings
  • SI 5281 - Sustainable Buildings: Part 3 - Requirements for office buildings
  • SI 5281 - Sustainable Buildings: Part 4 - Requirements for education buildings
  • SI 5281 - Sustainable Buildings: Part 5 - Requirements for hotels
  • SI 5281 - Sustainable Buildings: Part 6 - Requirements for healthcare buildings
  • SI 5281 - Sustainable Buildings: Part 7 - Requirements for retail buildings
  • SI 5281 - Sustainable Buildings: Part 8 - Requirements for public buildings
  • SI 5281 - Sustainable Buildings: Part 9 - Requirements for industrial buildings
  • SI 5281 - Sustainable Buildings: Part 10 - Requirements for neighbourhoods

Un exemple bien réel : University’s Porter School of Environmental Studies

L'immobilier est tout d’abord un bien d’équipement, un placement patrimonial, un actif financier, un outil d’exploitation, et une empreinte architecturale pour le territoire, le coût de possession constitue le 2ème poste de charges dans les établissements d’enseignement, après la masse salariale.

Une construction est un bien dont une des particularités est sa durée de vie particulièrement longue. Ainsi, un bâtiment en fin de vie aura coûté plus dans sa phase d’utilisation qu’en coût initial. Par ailleurs, l’impact environnemental de son usage et de sa déconstruction aura été plus significatif que celui de sa construction.

Dès la conception jusqu’à l’exploitation du bien, l’architecte va, dès lors, être engagé, dans une obligation de produire un ouvrage adapté aux questions économiques, politiques et environnementales, plutôt que de restreindre le projet au seul périmètre de sa forme, nous avons à faire à une architecture décomplexée, atteignant la question stylistique par l’efficacité de la qualité d’usage, tout en tenant compte du coût global étendu de possession.

Enjeux et fondements de l’approche en coût global

La figure ci-dessous, illustre les gisements d’économies, lorsqu’ont appréhende le cycle de vie complet dès la conception :

Inscrit dans la démarche itérative, de conception et de réalisation des architectes ingénieurs de l’ILGBC, au-delà d’une simple quantification monétaire des coûts différés, cette méthode d’évaluation des projets dans des échelles d’espace et de temps étendues, visant en autres une aide à la décision en matière de coût/bénéfice pour l’environnement, sans parler des coûts évités pour les investisseurs, propriétaires ou occupants.

Quand on sait que 80 % des coûts d’exploitation, de maintenance et de remplacement d’un bâtiment sont déterminés dans les premiers 20 % du processus de conception, on imagine la redoutable efficacité de ces équipes aux doubles compétences d’architecte-ingénieur, à convaincre n’importe quel investisseur responsable.

Explorant plus les dimensions financières et citoyenne, cette approche revient à reprendre en compte la sphère technico-économique de la fonction immobilière, en dépassant le simple  raisonnement du piège spéculatif à deux faces, de la vision du rendement locatif, tel que la prise en compte de l’impact de la construction sur l’image, sur la qualité d’usage et sur l’activité de l’organisation.

Bien plus que de simples projets de construction à Haute Qualité Environnementale, un nouveau paradigme d’écosystème, plus ancré dans le concret que de la rhétorique ou dialectique ambiante, si chers par moments à nos têtes pensantes… nous sommes là dans une application opérationnelle de la Norme ISO/DIS 15686-5.

Au lieu de raisonner en coût, ils raisonnent en impacts, transformant ainsi les projets en ressources durables pour l’économie et l’environnement.

Jean-Philippe LIGNIER

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